La douzième chanson de Futari est sans doute la plus surprenante, la plus originale, la plus magnifique.

Il s’agit d’une ballade très lente au piano. Miwako y est apaisée, amoureuse, heureuse… Mais soudain, un courant électrique traverse la chanson, sans prévenir, guitare électrique et batterie bousculent la chanson et composent une tout nouvelle mélodie. Le chant de Miwako est alors déchirant de tristesse, de colère et de rage. Et la chanson s’arrête net, sans même lui laisser le temps de reprendre son souffle. Et tout ça en 2min50!

La chanson laisse lessivé, meurtri par toutes les émotions qui la transperce de toutes parts.

Les paroles aident à comprendre ce changement soudain. Pendant la partie calme, Miwako nous parle de son bonheur amoureux, et quelques lignes suffisent à nous faire comprendre la force des sentiments, avec simplement des évocations de courants d’air, de pyjama et d’éternuement. L’Amour nous est présenté dans son plus bel écrin. Miwako est tellement heureuse qu’elle n’a même pas besoin de chanter. Mais cela ne dure pas, et Miwako se retrouve seule et sa voix sort alors de son corps comme une rivière qui déborde. Elle ne peux plus sourire, alors elle va chanter sans s’arrêter.


12. 歌う理由

(utau riyuu)

(Ma raison de chanter)

Romaji by cori, traduction française par moi (Disarm)

anata to watashi
anata no me no naka ni iru watashi wo miru
watashi no naka ni haitta anata wo kanjiru
anata no ude no naka de asa no kotori no koe wo kiku
anata wa PAJAMA no shita dake de
watashi wa PAJAMA no ue dake de
mado kara haitte kita kaze ni kusugurarete
kushami shita anata wo mite
sonna kakkou shiteru kara deshou to warau
waraiatte
mitsumeatte
dakiatte

Toi et Moi
Je me vois dans tes yeux,
Je te sens en moi,
Le matin, j’entend les chants des petis oiseaux dans tes bras.
Tu portes juste le bas de pyjama,
Je porte seulement le haut.
Chatouillé par le courant d’air qui vient de la fenêtre
Je te regarde éternuer
« C’est sans doute parce que tu n’es pas très habillé! ». Je ris.
Nous sourions,
Nous nous regardons,
Et nous nous serrons…

anata to watashi
futari de iru dake de
shiawase ni koe ga sarawareta
anata no namae wo yobu dake de
mune ga ippai ni natta
nani hitotsu utau koto wa nakatta
anata sae ireba
watashi wa utawanakutemo yokatta

C’est juste nous deux,
Ma voix était balayée par le bonheur,
Je prononce ton nom,
Et mon cœur se remplit.
Je n’ai pas chanté une seule fois,
Je n'en avais pas besoin,
Même si tu étais là…

ano yoru anata wa inaku natta
koe ga kuchi kara afuredashita
ryoute de osaetemo tomerarenai
himei no you ni oetsu no you ni
watashi wa utau
nido to warau koto ga dekinai kara
watashi wa utau
utau utau utau

Cette nuit tu n’étais pas là,
Ma voix a jailli hors de ma bouche
Même en pressant mes mains contre ma bouche, ça ne s’arrête pas.
Comme un cri, comme un sanglot,
Je chanterai
Je ne peux plus sourire, donc,
Je vais chanter
Chanter, chanter, chanter...